Le climat divise les économistes

Ingi Amr Samedi 19 Octobre 2019-14:34:35 Environnement
Le climat divise les économistes
Le climat divise les économistes

Décroître pour enrayer le réchauffement climatique ou compter sur le progrès technologique ? Laisser libre cours au marché ou réguler davantage face aux inégalités ? Parmi les économistes et essayistes, le clivage entre marché libre et économie dirigée est en tout cas loin d'être enterré.

Dès 1972, le Rapport Meadows, rédigé par des experts américains, s'interrogeait : comment assurer une croissance continue dans un monde aux ressources restreintes ? Conforté par les critiques du consumérisme et le spectre du réchauffement climatique, le concept de décroissance gagne en popularité.

"Le problème, c'est que notre économie dépend du carbone, des énergies fossiles. Il y a une prise de conscience, mais le ver est dans le fruit (...) c'est une addiction", relève auprès de l'AFP Sophie Swaton, économiste et philosophe à l'Université de Lausanne.

Et d'énumérer des mesures pour en sortir : limitation des bonus et de la "lucrativité" des entreprises, interdiction des pesticides, instauration d'un "revenu de transition écologique" récompensant de nouvelles activités vertueuses...

La décroissance reste cependant compliquée à revendiquer : "On est dans un verrouillage sociétal, culturel, c'est difficile pour un chef d'Etat de faire un pas de côté", déplore auprès de l'AFP Agnès Sinaï, journaliste et enseignante à Sciences-Po.

Mais comment créer des emplois ou financer la protection sociale sans croissance ?

Mme Sinaï évoque une meilleure répartition des ressources - un "rationnement énergétique" individuel par exemple - et une allocation exigeante des fonds publics et liquidités des Banques centrales. 

D'autres économistes, eux, préfèrent défendre une croissance plus éthique, non seulement suspendue au chiffre du Produit intérieur brut (PIB), mais attachée à des critères sociaux et environnementaux.

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